Le Mozambique aurait pu être le Qatar

Il y a sept ans, Palma se voyait déjà en capitale d’un nouveau “Qatar” africain, symbole de l’avenir radieux de l’économie du Mozambique. Mais le rêve gazier de ce village de pêcheurs tarde à se concrétiser, au point de prendre des allures de mirage. En 2010, des ingénieurs ont découvert dans l’embouchure du fleuve Rovuma, le long de la côte nord du pays, des réserves estimées à 5.000 milliards de mètres cubes de gaz naturel, les plus riches découvertes sur la planète depuis longtemps. Leur volume a fait saliver les géants du secteur, qui rêvaient déjà de hisser le Mozambique, l’un des pays les plus pauvres du continent africain, au rang de 3e producteur mondial de gaz naturel liquéfié (GNL). Une partie des habitants de Palma, une paisible localité de 3.000 âmes entre cocotiers et plages de sable blanc, se sont eux aussi pris à espérer un avenir meilleur. “Grâce à ce projet, nous aurons du travail”, se réjouit toujours Pedro Abudu Nchamo, le représentant des pêcheurs locaux. “Ici, il n’y a pas de travail (…) Avec le début du projet, je crois que beaucoup de nos jeunes obtiendront des emplois.” Sitôt le gisement découvert, Palma a été envahi par une nuée d’engins de chantiers qui ont profondément transformé son visage. Le village est désormais raccordé au réseau électrique et desservi par une route goudronnée. Une agence bancaire y a ouvert ses portes, de même qu’un hôtel 4 étoiles et des restaurants, prêts à accueillir l’importante main-d’oeuvre étrangère attendue pour le coup d’envoi de l’exploitation. Problème: le démarrage du projet n’en finit pas d’être reporté, victime de la chute des cours des hydrocarbures amorcée en 2014. Annoncée pour 2016, la date de début des exportations a reculé jusqu’à 2022 ou 2023. Au mieux. Ce retard a déjà coûté cher au pays. Anticipant sur les recettes gazières espérées, Maputo s’est lourdement endetté. Au mépris de sa Constitution, le gouvernement a secrètement emprunté 2 milliards de dollars pour renforcer sa défense côtière. La révélation de ces “emprunts cachés” a provoqué une crise avec le Fonds monétaire international (FMI) et la plupart des bailleurs de fonds, qui ont suspendu leur aide budgétaire. Cette affaire a aussi compliqué la position de la compagnie nationale d’hydrocarbures (ENH), impliquée financièrement dans les deux principaux projets d’exploitation du site. Elle détient 15% de celui de l’américain Anadarko et 10% de celui de l’italien ENI et doit donc mobiliser des milliards de dollars de financement. Plus grave, cet endettement a provoqué une onde de choc qui a mis en péril la santé de toute l’économie mozambicaine déjà mal en point. Conséquence du recul des prix des matières premières, les investissements étrangers qui avaient dopé la croissance du pays jusqu’en 2014 (+7% par an pendant 20 ans) ont chuté. Cette année encore, la croissance du Produit intérieur brut (PIB) ne devrait pas dépasser les 3%. “C’est un véritable désastre”, résume Peter Fabricius, analyste à l’Institut des études sur la sécurité (ISS) de Pretoria. “Il révèle de sérieuses manquements en matière de gouvernance et pose sérieusement la question de savoir si ces ressources sont une chance ou une malédiction.” Après un long processus de consultations mené par les autorités et les entreprises, plus de 500 familles de Palma sont prêtes à quitter leurs maisons, où sera construit le futur terminal gazier.

Published in:Uncategorized |on mai 12th, 2017 |Comments Off

Pragmatisme électoral vu des USA

A en croire la presse, Emmanuel Macron a été plébiscité lors de ce premier tour des présidentielles. Pourtant, c’est à mon sens être bien niais ou de mauvaise foi que de croire une telle chos, car nombre d’électeurs ont voté en hésitant jusque dans l’isoloir ! Il y a peu, on m’a envoyé à Los Angeles pour un congrès durant lequel j’en ai discuté avec quelques personnes. Et j’en ai eu confirmation : la plupart envisageaient de voter pour Macron. Qui plus est, à chaque fois pour les mêmes raisons. Tout d’abord, pour entraver Fillon. Le monsieur a montré l’amoralité qui le caractérisait à l’occasion de cette élection. Et ce ne sont pas ces fichus emplois fictifs qui lui ont fait le plus de mal, à vrai dire : c’est l’homme. Avec ses réactions complotistes et populistes, il a prouvé qui il était véritablement : un homme virant dans le despotisme et dans les pires travers au moindre problème. Ce type a davantage nui à son propre parti qu’aucun autre de ses adversaires !
Ensuite, il ne faut pas dédaigner la pression du vote utile : pas mal d’électeurs voulaient contrer Marine Le Pen. Pour ne surtout pas se retrouver dans la situation américaine actuelle. Il a donc fallu recaler dès le premier tour les partis ayant peu de chances de se qualifier : la droite, lestée par un candidat tyrannique ; la gauche, fragmentée par une fission dont elle ne va pas se remettre de sitôt.
La vérité, c’est que pas mal d’électeurs ont des doutes quant au programme macroniste. Le gars est à titre de rappel la perpétuation directe de François Hollande, et le responsable de la banqueroute du pacte-responsabilité. Le seul point qui m’attire chez Emmanuel Macron, finalement, c’est sa foi en l’Europe : à une période où cette dernière est désavouée par beaucoup de gens, il était nécessaire que le prochain président français défende sans hésitation le drapeau de l’UE. Sinon, ce congrès m’a séduit : ça n’a rien à voir avec ceux auxquels on m’envoyait avant ! Voici l’agence qui l’a combiné, si vous devez mettre en place un événement ou si vous souhaitez organiser un séminaire à Los Angeles.

Published in:Uncategorized |on mai 10th, 2017 |Comments Off

Collet est remonté

Bonjour, peuple du web. Je m’appelle Thomas Collet, et je suis remonté. Très remonté. Il faut dire qu’il y a de quoi ! Il suffit de regarder l’actualité pour comprendre. Je ne parlerai même pas de cette présidentielle, et de ce fichu premier tour qui nous attend dimanche : c’est vraiment du grand n’importe quoi, et jamais le débat n’a été aussi ras-des-pâquerettes que cette année (la faute, en grande partie, avec un certain Fillon qui a assuré le spectacle durant deux mois, au détriment des questions de fond). Et que dire de cette élection de Trump, dont, six mois après, je ne me remets toujours pas ? Et que dire du choix des britanniques, qui ont décidé de faire bande à part dans un monde où la mondialisation n’a jamais autant nécessité de faire bloc ? Et que dire de cet iceberg de 46 mètres de haut qui s’est retrouvé coincé au large de Terre-Neuve, et qui est pris comme un monument touristique quand il est le signe le plus évident d’un changement climatique global ? Et que dire de… Eh bien, beaucoup, justement. Il y a beaucoup à dire, et ça tombe bien  : c’est précisément ce que je ferai ici même !

Ce blog n’a pas valeur d’expertise, bien sûr : c’est le simple point de vue d’un citoyen en colère qui est partagé. Mais l’oeil d’un citoyen qui voyage beaucoup de par le monde, et a développé une vision un peu plus globale que celle qu’on peut avoir en lisant les médias français. Et ça, c’est déjà pas mal…

Published in:Uncategorized |on avril 21st, 2017 |Réagir »


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